Retour

Sexologue Clinicien

Sexologue Clinicien

Modifier

1. Introduction à la discipline

Le ou la sexologue clinicien·ne est un·e professionnel·le de santé formé·e à l’évaluation et à l’accompagnement des difficultés sexuelles et affectives, chez l’individu ou le couple. Cette discipline s’appuie sur un modèle biopsychosocial qui intègre le corps, l’esprit, la relation et le contexte de vie. Le cadre de travail est confidentiel, respectueux et inclusif (orientation, identité, pratiques et cultures).

À quoi ça sert ? À restaurer une sexualité satisfaisante et sereine, en prenant en compte à la fois les aspects médicaux, psychologiques et relationnels.

2. Origines & histoire

- Apparition : La sexologie émerge à la fin du XIXe et au XXe siècle avec les premières recherches scientifiques sur la sexualité humaine. Elle se structure réellement au cours du XXe siècle avec des laboratoires, des questionnaires et des approches thérapeutiques dédiées.
- Pionniers : Des cliniciens et chercheurs ont décrit la diversité des comportements et des réponses sexuelles, posé les bases des cycles d’excitation et introduit des méthodes d’accompagnement (ex. exercices de couple, psychoéducation).
- Développement : Depuis les années 1960–1980, la sexothérapie s’intègre aux pratiques médicales (gynécologie, urologie, endocrinologie) et psychothérapeutiques (cognitivo-comportementale, systémique, psychodynamique). En France, la discipline s’est institutionnalisée via des diplômes universitaires et des sociétés savantes dédiées à la sexologie et à la santé sexuelle.

3. Principes fondamentaux

- Vision de la santé sexuelle : La santé sexuelle est considérée comme un état de bien-être physique, émotionnel, mental et social en lien avec la sexualité. Elle inclut le consentement, le respect de soi et de l’autre, l’absence de contrainte et de violence, et la possibilité d’une vie affective et sexuelle épanouie.
- Modèle biopsychosocial :
Bio : hormones, douleurs, maladies chroniques, effets des médicaments, grossesse/accouchement, ménopause/andropause, etc.
Psy : croyances, anxiété de performance, estime de soi, histoire personnelle, traumatismes, humeur, TSPT, etc.
Social & relationnel : communication dans le couple, attachement, attentes, culture, stress au travail, rythme de vie.
- Outils utilisés :
• Entretien clinique structuré, anamnèse médicale et sexuelle, questionnaires validés (ex. indices de fonction sexuelle).
• Psychoéducation (information claire et scientifiquement étayée).
• Exercices thérapeutiques (ex. sensate focus, tâches de communication, journal d’observation, restructuration cognitive).
• Approches individuelles, de couple ou familiales (CBT, systémique, approches centrées sur les émotions, pleine conscience, techniques de gestion du stress).
• Coordination avec d’autres professionnels (gynécologue, urologue, sage-femme, andrologue, kinésithérapeute/périnéal, psychotraumatologie).
• Lorsqu’il/elle est médecin : évaluation somatique, examens complémentaires si besoin et prescriptions (par ex. traitements hormonaux, inhibiteurs de la PDE5) dans le respect des recommandations.

4. Pour quels besoins ?

Motifs de consultation fréquents :

  • Baisse du désir, décalage de libido au sein du couple.
  • Anxiété de performance, difficultés d’excitation ou d’orgasme.
  • Dysfonctions érectiles, éjaculation précoce/retardée.
  • Douleurs sexuelles (vaginisme, dyspareunie, vestibulodynie), séquelles périnéales.
  • Conséquences d’une maladie chronique, d’un traitement (ex. cancer, diabète, antidépresseurs), d’une grossesse ou d’un post-partum.
  • Problématiques relationnelles et de communication autour de l’intimité.
  • Accompagnement de l’orientation sexuelle, de l’identité de genre, de la reprise de la sexualité après une période d’abstinence ou un événement de vie.
  • Comportements sexuels vécus comme incontrôlables ou sources de souffrance.

Ce que la discipline ne prétend pas faire :
  • Promettre une « guérison » systématique ou rapide.
  • Remplacer un suivi médical nécessaire (douleurs inexpliquées, symptômes urologiques/gynécologiques, endocriniens, cardiovasculaires, etc.).
  • Imposer des normes : la diversité des sexualités est respectée tant qu’elle est consentie et sans danger.

5. Déroulement d’une séance

- Avant : prise de contact, motifs, recueil d’informations (questionnaire, antécédents médicaux et psychologiques, contexte de couple). Définition d’objectifs réalistes et partagés. Possibilité de venir seul·e ou en couple.
- Pendant : entretien confidentiel de 45–60 minutes (la première séance peut durer 60–90 minutes). Évaluation clinique, psychoéducation, choix conjoint d’exercices et de stratégies (communication, gestion de l’anxiété, tâches graduées, pleine conscience, travail périnéal via orientation si indiqué). Le cadre est bienveillant, sans jugement, avec un langage inclusif et le respect absolu du consentement. Aucun examen physique n’est réalisé sauf si le praticien est médecin, avec votre accord explicite.
- Après : mise en place de « devoirs thérapeutiques » entre les séances, suivi des progrès, ajustements. La fréquence est souvent bimensuelle ou mensuelle au début, puis s’espace selon l’évolution. Un accompagnement court (4–8 séances) suffit parfois ; certaines situations demandent un suivi plus long.

6. Efficacité & état des connaissances

- Données disponibles : la littérature clinique met en évidence l’intérêt de la sexothérapie pour de nombreuses difficultés (troubles du désir, anxiété de performance, érection, éjaculation, vaginisme/douleurs, difficultés orgasmique), surtout lorsqu’elle associe interventions psychothérapeutiques et prise en charge médicale si besoin. Les approches de couple, les exercices gradués de type sensate focus, la psychoéducation, la restructuration des croyances et, en cas de douleurs, la prise en charge périnéale coordonnée, montrent des résultats encourageants.
- Expérience et témoignages : de nombreux patients rapportent une amélioration de la communication, de la confiance et de la satisfaction sexuelle lorsqu’un plan de soin personnalisé est suivi avec assiduité.
- Rappel important : cette approche s’inscrit en complémentarité du soin médical. En cas de symptôme aigu, de douleur persistante, de saignement, de trouble hormonal, d’effet secondaire médicamenteux, de souffrance psychique majeure ou d’idée suicidaire, consultez sans délai votre médecin traitant ou les urgences.

7. Contre-indications & précautions

- Demander un avis médical préalable en cas de : douleurs génito-pelviennes, fièvre, saignements, suspicion d’infection IST, troubles urinaires ou érectiles récents chez une personne à risque cardiovasculaire, symptômes endocriniens (thyroïde, hypogonadisme), effets secondaires médicamenteux.
- Profils nécessitant un cadre adapté : traumatismes sexuels, TSPT, dépression sévère, addictions, idéation suicidaire, violences conjugales ; un accompagnement spécialisé et/ou pluridisciplinaire est recommandé.
- Ce qu’un bon praticien ne fera pas :

  • Promettre des résultats garantis ou imposer des pratiques.
  • Faire arrêter un traitement prescrit par un autre professionnel.
  • Transgresser les limites professionnelles (aucun contact sexuel, respect strict du consentement et de la confidentialité).
  • Porter un jugement moral sur l’orientation, l’identité de genre ou les pratiques consenties des patients.

8. Formation, diplôme & réglementation (France)

- Statut : en France, le titre de « sexologue » n’est pas une spécialité médicale officiellement reconnue en tant que telle ; la qualité de l’accompagnement repose donc sur la profession d’origine (médecin, psychologue, sage-femme, etc.) et sur une formation universitaire spécifique en sexologie.
- Formations : de nombreux Diplômes Universitaires (DU) et Diplômes Inter-Universitaires (DIU) de sexologie et santé sexuelle existent. Ils s’adressent principalement aux professionnels de santé et aux psychologues, et durent en général 1 à 3 ans à temps partiel, avec stages, supervision et mémoire.
- Praticiens autorisés à prescrire : seuls les médecins peuvent réaliser un examen somatique, prescrire des examens ou des médicaments. Les psychologues cliniciens travaillent par la psychothérapie et la coordination de soins.
- Reconnaître un praticien bien formé :

  • Diplôme de base reconnu (n° Adeli/RPPS selon la profession) et formation universitaire en sexologie (DU/DIU).
  • Supervision régulière, formation continue, participation à des sociétés savantes ou fédérations professionnelles.
  • Cadre écrit : consentement éclairé, confidentialité, déontologie, RGPD.

- Remboursement : les consultations de médecins sexologues peuvent être remboursées par l’Assurance Maladie lorsqu’elles s’inscrivent dans le cadre d’une consultation médicale conventionnée. Les séances réalisées par des psychologues ne sont généralement pas remboursées (hors dispositifs spécifiques ou prises en charge complémentaires par certaines mutuelles). Renseignez-vous avant la prise de rendez-vous.

9. Comment choisir son/sa praticien·ne ?

- Formation & profession d’origine : médecin, psychologue, sage-femme… + DU/DIU de sexologie.
- Expérience : nombre d’années de pratique, types de problématiques suivies, habitude du travail en couple ou individuel.
- Approches proposées : CBT, systémique, centrée émotions, pleine conscience, travail périnéal en réseau, etc.
- Affinité & valeurs : posture inclusive (LGBTQI+), non-jugement, respect du consentement, sensibilité aux violences sexuelles et aux questions de genre.
- Organisation : disponibilité, téléconsultation, confidentialité, cadre tarifaire clair et contrat thérapeutique écrit.

Questions utiles à poser :

  • Quelle est votre formation en sexologie (DU/DIU, supervision) ?
  • Travaillez-vous en lien avec des médecins/urologues/gynécologues/kinés ?
  • Quelle sera la fréquence et la durée des séances ?
  • Proposez-vous des exercices entre les séances ?
  • Comment gérez-vous les informations sensibles et la confidentialité ?

10. FAQ

- Est-ce que ça fait mal ?
Non. Il s’agit d’entretiens et d’exercices psychoéducatifs/psychothérapeutiques. Aucun examen physique n’est pratiqué sauf si le praticien est médecin et uniquement avec votre accord.

- Combien de séances sont nécessaires ?
Selon le motif et l’histoire de chacun·e : de 4–8 séances pour une difficulté ciblée à un suivi plus long pour des problématiques complexes ou anciennes. La fréquence est ajustée au cas par cas.

- Est-ce compatible avec mes traitements actuels ?
Oui. Le/la sexologue clinicien·ne coopère avec votre médecin. Ne modifiez jamais seul·e votre traitement ; en cas d’effet secondaire impactant la sexualité, parlez-en pour adapter la prise en charge.

- Puis-je venir sans mon/ma partenaire ?
Oui. La thérapie peut être individuelle, puis, si souhaité, impliquer le/la partenaire pour travailler la communication et la synchronisation des attentes.

- Proposez-vous la téléconsultation ?
Beaucoup de praticiens le proposent pour une partie du suivi. Certaines étapes (ex. coordination médicale, examens) peuvent toutefois nécessiter une consultation en présentiel.

- La démarche est-elle adaptée aux personnes LGBTQIA+ ?
Oui, la sexologie clinique vise un accompagnement inclusif et respectueux des diversités d’orientation et d’identité de genre.

- La confidentialité est-elle garantie ?
Oui. Le respect du secret professionnel et de la vie privée est central, dans le cadre de la loi et des codes de déontologie des professions de santé.

Encadré sécurité
La sexologie clinique complète utilement un suivi médical et psychologique lorsque nécessaire. En cas de douleur aiguë, de saignement, de symptômes physiques récents inexpliqués, d’idée suicidaire ou de situation de violence, contactez immédiatement un service médical d’urgence ou parlez-en à votre médecin traitant.

Découvrez les praticiens en lien avec la spécialité

Réservez une séance
Près de chez vous
Les mieux notés
Aucun résultat n’a été trouvé.
v4.9.0